L’université, une institution socialement reconnue

Qu’est-ce que l’université, et qu’est-ce qu’on est en droit d’attendre de cette institution ? A ces questions, les récentes polémiques sur les différentes politiques appliquées à l’université (comme la loi LRU en 2007, le plan campus en 2008, etc.) montrent le non‑conformisme ambiant. Le cas de l’université divise. C’est une institution dont la restitution, la rentabilité, pose problème. Alors on tente de la ré-instituer, gouvernement après gouvernement, et individu après individu. Cette incertitude sur ce que doit être l’université ne se retrouve pas que simplement à une échelle globale. Elle se ressent aussi à une échelle plus individuelle. Après tout, quel universitaire n’a t-il jamais éprouvé le « fossé » qui nous sépare avec nos « proches », avec notre famille (qui n’est finalement pas toujours si proche puisque évoluant dans un monde autre que le notre) quand vient la question : « et toi, sinon, qu’est-ce tu fais à l’université ? ».

La question est fondamentale. A la fois simple et complexe. Simple, parce qu’elle nous demande juste de décrire ce que l’on fait au jour le jour. Complexe parce que c’est justement de ce quotidien qu’il est difficile de ressortir, de prendre du recul. L’université est un sujet milles et une fois abordé. Mais abordé seulement. Alors, bien sûr, on pourrait se contenter de répondre brièvement : « j’étudie » ou encore « j’enseigne et je cherche ». Mais, comment se contenter de ça ? L’autre attend sûrement plus. Et puis, ne pas trop en dire pourrait être perçu comme la confirmation de certains clichés. On se doit donc d’établir une réponse plus consistante. Sans toutefois en dire trop. Parce que, très souvent, notre interlocuteur pose cette question « comme ça » pour « trouver un sujet de conversation ». Il n’attend pas (et parfois, ne veut même pas) passer du temps sur la question.

Il faut donc trouver le juste milieu, synthétiser notre quotidien tout en l’adaptant à un auditoire très hétérogène dont on ne sait pratiquement jamais le degré de lien avec notre institution, attendre un équilibre entre le « pas assez » et le « trop ».

Et pourtant. Malgré tout, l’université renvoie à un imaginaire collectif relativement instable mais aussi à un imaginaire collectif partagé : certes grossièrement, mais dont il est donc possible de réaffirmer les bases. L’université est un lieu de formations, d’études, de recherches, de productions, de transmissions, de référencements, et d’archivages. C’est donc une institution éducative, sociale, culturelle et multidisciplinaire, qui est composée d’une masse hétérogène d’individus.

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